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	<title>Mention spéciale | Grand Prix de la Compétition Internationale &#8211; FIDMarseille</title>
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	<description>Festival international de Cinéma Marseille</description>
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	<title>Mention spéciale | Grand Prix de la Compétition Internationale &#8211; FIDMarseille</title>
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		<title>If I Fall, Don&#8217;t Pick Me Up</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Luc Douzon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 May 2024 12:45:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Berlin, 1974. Walter Asmus, jeune metteur en scène de 32 ans, assiste Samuel Beckett, 68 ans, pour sa première mise en scène personnelle d’En attendant Godot. Très vite, l’entente professionnelle devient une amitié qui durera jusqu’à la mort de l’écrivain. On peut dire de ce film, sans se tromper, qu’il fait le récit de cette [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Berlin, 1974. Walter Asmus, jeune metteur en scène de 32 ans, assiste Samuel Beckett, 68 ans, pour sa première mise en scène personnelle d’<em>En attendant Godot</em>. Très vite, l’entente professionnelle devient une amitié qui durera jusqu’à la mort de l’écrivain. On peut dire de ce film, sans se tromper, qu’il fait le récit de cette amitié. Il le fait à la manière de Declan Clarke, selon sa routine : en plans fixes, en 16mm, au présent, en articulant description visuelle et sonore des lieux, présentation d’archives, et narration objective des faits. Les archives sont celles d’Asmus : cartes postales reçues de Beckett, scripts annotés des pièces qu’ils ont mises en en scène ensemble, etc. Les lieux sont ceux des routines beckettiennes lors de ses séjours à Berlin ou Stuttgart : studios, restaurants, parcs. Sobriété, factualité. Mais parce que Declan Clarke est de ces cinéastes qui savent fabriquer des sentiments en en restant aux faits, <em>If I fall don’t pick me up</em> convertit la chronique en un poignant éloge, non d’un homme, mais d’une relation et des valeurs qui la fondent : loyauté et fidélité, sobriété et rigueur. Et parce que ces valeurs informent depuis toujours la vie et la pratique de l’artiste, une étrange mutation advient devant nos yeux – une révélation : le monde vu par ceux de Declan Clarke est beckettien. Ce monde de la modernité, ou ce qu’il en reste, ces lieux vides, déserts, ces architectures minimales, forment un décor figé dans l’attente d’une pièce de Beckett. Mise en scène par Asmus. Et si le film commence dans les montagnes de Wicklow et s’achève sur la scène du Gate Theater, à Dublin, c’est que l’exercice d’admiration est aussi, malgré son auteur, un très indirect autoportrait. Tout en pudeur et retenue. « <em>Hold back!</em> » Declan Clarke, comme Walter Asmus, a retenu la leçon du grand Sam.</p>
<p>Cyril Neyrat</p>
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		<title>A VIDA SÃO DOIS DIAS</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/a-vida-sao-dois-dias-life-lasts-two-days/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Luc Douzon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jun 2022 08:58:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Un mystérieux manuscrit trouvé par hasard, des jumeaux, deux pays, des livres passant de mains en mains&#8230; Autant d’ingrédients que Leonardo Mouramateus istribue comme on le ferait avec des cartes. Allers et retours, bifurcations, jeu de faux miroirs entre les personnages, le cinéaste trouve un plaisir évident à nous perdre et à jouer des échos, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un mystérieux manuscrit trouvé par hasard, des jumeaux, deux pays, des livres passant de mains en mains&#8230; Autant d’ingrédients que Leonardo Mouramateus istribue comme on le ferait avec des cartes. Allers et retours, bifurcations, jeu de faux miroirs entre les personnages, le cinéaste trouve un plaisir évident à nous perdre et à jouer des échos, comme avec les acteurs qui réapparaissent sous d’autres figures. En cinq chapitres consacrés chacun à une figure, comme dans un tarot – le château, le tricheur, l’halluciné, etc. –, le film nous mène de Rio de Janeiro à Lisbonne. Les fils se croisent, se tendent, se tordent ou ’enroulent. Un brouillage est orchestré <em>mezzo voce</em>, entre mises en abyme et discrètes énigmes distillées au fil du film : microglissements, correspondances secrètes, linéaments discrets. Ainsi le quotidien le plus imperceptible et sa routine peuvent-ils engendrer les situations les plus étranges, aux résonances joueuses, le récit s’amusant des causes et des effets. Les événements seraient comme les éléments d’un grand jeu, mais tout de légèreté. Ainsi semble le suggérer cette évocation de l’astrologie, à entendre comme métaphore des événements et de ce qui peut décider de leur enchaînement. Ce manège de palimpsestes et de correspondances témoigne d’un plaisir de l’invention, redoublé chez Leonardo Mouramateus d’un évident bonheur à fabriquer des images avec une grande économie de moyens. Rigueur des plans, humour des cadres, jeu de couleurs : ce film rappelle joyeusement que le cinéma permet de créer un monde de signes qu’il suffirait de prendre comme autant d’amorces de récits possibles. Un éloge de l’agencement avant toute chose ? Ainsi semblent le suggérer ces fleurs arrangées en délicats bouquets qui parsèment le film.<br />
(Nicolas Feodoroff)</p>
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		<title>LE BRUIT DU DEHORSOUTSIDE NOISE</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/le-bruit-du-dehors-outside-noise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Luc Douzon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Jun 2021 15:41:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Au retour d’un séjour à New York, Daniela rend visite à Mia, son amie berlinoise. Le jetlag n’arrange rien à ses insomnies. Mia aussi dort mal, fatiguée « de ces jours vides où il ne se passe rien ». Quelques mois plus tard, c’est à son tour, accompagnée de Natasha, de passer quelques jours d’oisiveté [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="">Au retour d’un séjour à New York, Daniela rend visite à Mia, son amie berlinoise. Le <em>jetlag</em> n’arrange rien à ses insomnies. Mia aussi dort mal, fatiguée « de ces jours vides où il ne se passe rien ». Quelques mois plus tard, c’est à son tour, accompagnée de Natasha, de passer quelques jours d’oisiveté dans l’appartement viennois de Daniela. Leur spleen désoeuvré est à l’opposé de la passion dantesque qui animait les personnages de <em>Classical Period</em> (FID 2019).<br />
Sombre et inquiet sous ses airs de flânerie désinvolte, <em>Outside Noise</em> en est le contrechamp. C’est précisément la tension entre cette angoisse latente et la légèreté sobre et précise de la mise en scène qui fait la beauté de ce <em>Stimmungfilm</em>. Les dialogues, dont le cinéaste a partagé l’écriture avec ses comédiennes, tissent la toile serrée d’une autofiction où viennent se prendre les trois jeunes femmes. Prendre ou pas un thé, finir ou pas son mémoire de master, visiter un musée ou un autre dans des villes qui se confondent dans une même grisaille : l’existence, dans cette comédie triste de l’équivalence, semble réduite à faire du tourisme dans les limbes, à tourner en rond dans le bruit du dehors. Entre les mailles de l’étude de caractères se dépose un portrait de l’époque, d’un « temps en sursis », selon le titre du poème d’Ingeborg Bachmann que Daniela lira peut-être l’automne prochain – pour le moment elle n’y arrive pas. Il faudrait agir, dit le poème, se secouer, avant la venue des « temps durs ». Mais les femmes sont fatiguées et les hommes sont, au choix, odieux ou pénibles. La charleston, enseigné à Mia par un Ted Fendt malicieusement grimé en guide touristique cosmopolite et polyglotte, ne semble pas être la solution. Rien de tragique, certes, mais la question qui, dans le magnifique épilogue, ponctue cette tendre dérive, laisse flotter un parfum d’amère nostalgie : une vie romanesque, héroïque, est-elle encore possible dans une Europe sans histoire ?</p>
<p class="">(Cyril Neyrat)</p>
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