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	<title>Sélection Officielle / Compétition &#8211; FIDMarseille</title>
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	<description>Festival international de Cinéma Marseille</description>
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	<title>Sélection Officielle / Compétition &#8211; FIDMarseille</title>
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		<title>Casting</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Jun 2017 20:05:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Alors qu’elle prépare le remake pour la télévision des Larmes amères de Petra von Kant de Fassbinder, Vera, sa réalisatrice, peine à trouver son casting idéal pour ce qui sera son premier film. Ce casting sera la chair du troisième film de Nicolas Wackerbarth. De ce processus de mise en abîme, il tire un film, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors qu’elle prépare le remake pour la télévision des <em>Larmes amères de Petra von Kant</em> de Fassbinder, Vera, sa réalisatrice, peine à trouver son casting idéal pour ce qui sera son premier film. Ce casting sera la chair du troisième film de Nicolas Wackerbarth. De ce processus de mise en abîme, il tire un film, lui aussi initié par la télévision, aussi généreux que vertigineux. Redoublant tout autant que déplaçant le film de Fassbinder, il en reprend le principe de huis-clos pour introduire quelques écarts. S’y tissent avec une caméra très mobile les liens complexes, pervers, entre coulisses et le plateau, et, tout aussi décisif, il donne à un homme, nommé ici Gerwin, autour de qui gravite ce casting, le rôle initialement tenu par Hanna Schygulla dans ce qui était un film exclusivement de femmes. Porté par la crème des comédiens de théâtre, casting permet par ces pas de côté d’interroger l’œuvre initiale. Et de jouer autrement le tourniquet des identités sexuelles, de creuser d’autres sillons dans cette comédie du pouvoir, observateur attentif des pulsations d’un groupe, des effets de l’économie du monde télévisuel et de l’économie des sentiments qu’elle génère, et au-delà, celle des rancœurs, du désir, de la passion. Et Wackerbarth, lui-même acteur (on l’a vu récemment dans Toni Erdmann), attentif au jeu et aux acteurs, interroge ce que jouer engage, dans un film, tour supplémentaire, très largement issu d’improvisations. (NF)</p>
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		<title>1048 Lunes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[benoit]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jun 2017 20:05:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[D’abord, l’attente. Celle de Briséis qui, délaissée, face à la mer, attend Achille. Puis Phyllis, déambulant par bois et chemins, qui attend Démophon ; et aussi Héro à guetter le retour de Léandre ; Oenone attendant Pâris ; et bien sûr Pénélope, campée par Françoise Lebrun, à se languir d’Ulysse. Autant de personnages empruntés aux [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>D’abord, l’attente. Celle de Briséis qui, délaissée, face à la mer, attend Achille. Puis Phyllis, déambulant par bois et chemins, qui attend Démophon ; et aussi Héro à guetter le retour de Léandre ; Oenone attendant Pâris ; et bien sûr Pénélope, campée par Françoise Lebrun, à se languir d’Ulysse. Autant de personnages empruntés aux Héroïdes, texte d’Ovide qui revisitait en son temps les figures féminines de la mythologie grecque sous forme d&#8217;adresses écrites à l’époux ou l’amant dont elles étaient séparées. charlotte Serrand prolonge le geste de réappropriation, et si les costumes évoquent l’antiquité, les falaises de Bretagne face à la mer et leur bunkers renvoient très lointainement à la Grèce. Des lettres où il s’agit d’attente, de désir, de souffrance, il restera très peu, sinon quelques tableaux, et les figures rhétoriques seront prises en charge par autant de musiques à l’anachronisme assumé. Naît un flottement, une tension menant d’hier à aujourd’hui. Peu à peu cette relecture pleine d&#8217;humour et d&#8217;incongruités se nourrit du présent, la soumission des femmes se fissure, se déplace : elles se rencontrent, s’occupent, comme ce moment de baignade bien contemporain. Seule subsistera l’adresse de Pénélope &#8211; question de génération ? Qu’au final, elles oublieront, décidant de partir ensemble, en achevant les 1048 lunes du titre, leur temps d’attente à toutes réunies. (NF)<br />
<span style="color: transparent;">Charlotte Serrand</span></p>
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		<title>El auge del humano</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/el-auge-del-humano-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[benoit]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jun 2017 20:05:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Pour ce premier long métrage, Eduardo Williams poursuit son principe de déambulations mis en œuvre dans ses précédents courts qui nous avaient emmenés en Argentine ou au Vietnam. ici nous glissons de Buenos Aires au Mozambique puis aux Philippines. Trois espaces se succèdent et trois réalités que l’on découvre à chaque fois au prisme d’un [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour ce premier long métrage, Eduardo Williams poursuit son principe de déambulations mis en œuvre dans ses précédents courts qui nous avaient emmenés en Argentine ou au Vietnam. ici nous glissons de Buenos Aires au Mozambique puis aux Philippines. Trois espaces se succèdent et trois réalités que l’on découvre à chaque fois au prisme d’un jeune personnage, son lien à ses amis ou sa famille. S’y dessine sa vie nonchalante, sans tensions ni éclats, et le désir partout partagé. En reliant les personnages, les espaces (la ville, la savane, la jungle) comme les géographies, le film esquisse la possibilité de parcours communs et de communauté au-delà des distances. Le suggèrent aussi à leur échelle les nombreuses et longues marches que l’on suit, où le groupe se fait ou défait, selon un mouvement organique. Des déplacements aux rythmes indolents qui concourent à l’atmosphère singulière de ce film porté par une caméra fluide, plans souvent larges inscrivant les corps dans leur environnement, semblant les suivre dans leurs gestes, leur mobilité. Williams infuse à ces corps, ces espaces et ces moments, une dimension sensuelle, onirique parfois, quasi hypnotique. Et nous immerge ainsi, à l’image de cette montée des eaux du début du film, dans un monde liquide (l’eau conclura aussi le film) constitué de circulation des désirs et de leurs possibles points de fuite, géographiques ou mentaux, comme le laisse entendre le finale. (NF)</p>
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		<title>I USED TO SLEEP ON THE ROOFTOP</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/i-used-to-sleep-on-the-rooftop/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[benoit]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jun 2017 20:05:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Comment parler des choses ? Comment pointer les importances ? Comment dévoiler sans trahir ? Comment être exact sans prétendre vendre de l’information ? Le cinéma n’a-t-il pas été, depuis sa naissance, l’invention d’un tel geste, élémentaire et complexe, simplissime et sophistiqué ? Nous soutiendrons l’affirmative et le si beau premier film d’Angie Obeid – [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comment parler des choses ? Comment pointer les importances ? Comment dévoiler sans trahir ? Comment être exact sans prétendre vendre de l’information ? Le cinéma n’a-t-il pas été, depuis sa naissance, l’invention d’un tel geste, élémentaire et complexe, simplissime et sophistiqué ? Nous soutiendrons l’affirmative et le si beau premier film d’Angie Obeid – stupéfaction ! &#8211; en est la preuve fulgurante. À quoi tient ce film ? À l’attente que Nuhad, l’une des deux « héroïnes », éprouve ? Sans doute, mais ce n’est pas assez, l’attente est lot bien trop commun. À la manière dont l’horoscope récité chaque jour par Nuhad fait office de scénario ? Peut-être, mais ce n’est pas assez, les scénarios s’épuisent d’eux-mêmes avant de nous avoir épuisé de leur avenir clos. À quoi alors ? On pourrait, il faudrait, évoquer la précision et la fermeté de chaque composition, de chaque cadre, de chaque plan. Rien, ici, n’est laissé au hasard ; rien, ici, n’est construit sans miroir ; rien, ici, n’est le fruit d’un regard sans amour. Tout, ici, a été mesuré, pesé, évalué : aimé – quel autre mot ? Personne, en dépit de l’annonce fallacieuse du titre, n’a quitté le plateau pour s’évader sur la terrasse. c’est bien évidemment les scènes où les deux femmes partagent l’espace qui sont, littéralement, les plus renversantes : s’y dit un présent chamboulé, mais à même les murs, comme si une geôle provisoire s’était faite soudain asile. (JPR)</p>
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		<title>Accoster</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/2008-accoster/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[benoit]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2008 23:48:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Gris pâle, floue, une mire, c’est le début, l’annonce. D’une guerre ? Non, mais du pas simple. Du divisé. Entre l’avant et l’aujourd’hui. C’est-à-dire, aussi transparent qu’une fenêtre, entre l’aujourd’hui et lui-même. Car dans aujourd’hui, toujours du hier s’obstine, au présent. De ce hier, Olivier Derousseau n’en démord pas. Le prouvent ses films précédents, Bruit [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Gris pâle, floue, une mire, c’est le début, l’annonce. D’une guerre ? Non, mais du pas simple. Du divisé. Entre l’avant et l’aujourd’hui. C’est-à-dire, aussi transparent qu’une fenêtre, entre l’aujourd’hui et lui-même. Car dans aujourd’hui, toujours du hier s’obstine, au présent. De ce hier, Olivier Derousseau n’en démord pas. Le prouvent ses films précédents, Bruit de fond, une place sur la terre et Dreyer pour mémoire, exercice documentaire (sélections FID 2001 et 2005), aux titres éloquents. Il s’agissait de faire toute sa place à une rage contenue, à une colère du juste, il fallait donner des mots aux silencieux. Il s’agissait de tenir tête. C’est toujours le cas, continuité. Mais aujourd’hui, ce hier, Derousseau va le chercher du côté d’un autre grand taiseux, bavard dans ses livres, fier complice des autistes, cartographe des pas perdus, cinéaste dilettante (bouleversant Le Moindre Geste), Fernand Deligny. C’est lui, et quelques autres (Georges Binetruy du groupe Medvedkine, Jacques Rancière), qui sont les pourvoyeurs des mots et des images du passé. Ceux du présent, O.D. les confie à une scansion : « Tu vois / il y avait tellement de trucs à dire / qu’on a commencé / par se taire. » Première phrase proférée, programme paradoxe, projet suspensif, prière de révéler, joie à double détente. Que ses « acteurs » soient handicapés (comme déjà dans son Dreyer), ou depuis si longtemps embauchés par la peinture, qu’ils articulent scrupuleusement avec le respect de ceux qui savent que la compréhension est un paradis perdu, qu’ils se déplacent si prudemment qu’ils augmentent l’espace de leurs pas, ne change rien. Bien qu’elle soit au centre de la mire, la rive reste loin, ou juste à côté.</p>
<p>Jean-Pierre Rehm</p>
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		<title>1937</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/2007-1937/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[benoit]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2008 23:48:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[En deux chapitres, en deux temps, un même récit. D’une part, 1937, en plein apogée des purges staliniennes à Erevan, en Arménie alors soviétique, année de l’arrestation du père de Nora Dabagian, opposant politique. D’autre part, 2006, le récit circonstancié de cette arrestation par la vieille femme, dénommée affectueusement Baboulia, et très jeune fille alors. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En deux chapitres, en deux temps, un même récit. D’une part, 1937, en plein apogée des purges staliniennes à Erevan, en Arménie alors soviétique, année de l’arrestation du père de Nora Dabagian, opposant politique. D’autre part, 2006, le récit circonstancié de cette arrestation par la vieille femme, dénommée affectueusement Baboulia, et très jeune fille alors. Question tendue entre ces deux faces : comment transmettre, quelles images, quels mots, quelles sensations ?<br />
Apparemment deux parties clairement définies, donc. La première, fictionnelle, muette, faite d’impressions, de sensations, s’arrêtant ici sur le chatoiement d’une couleur, là sur un son, est construite à partir du point de vue de l’enfant. La seconde, affichée documentaire, est bâtie sur la parole de la vieille femme. Mais les deux temps se croisent, les récits et les paroles se mêlent, les images passent de l’un à l’autre, les voix se superposent, se doublent, passent d’un corps à l’autre. En deux récits nécessairement fragmentaires et complémentaires d’une expérience insaisissable – sur la perte inconsolable à jamais d’un père, sur la vieillesse et la disparition inéluctable –, Nora Martirosyan offre un film en forme d’hommage, à la transmission et à la mémoire.<br />
Nicolas Féodoroff</p>
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		<title>A film far beyond a god</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/2008-a-film-far-beyond-a-god/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[benoit]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2008 23:48:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Les premiers films de Waël Noureddine ne laissaient aucun doute. Pour lui, le cinéma ne se résume pas à une collecte d’images. Il a plutôt pour mission d’arracher, de saisir, de transmettre l’expérience la plus brûlante, la plus vaste possible. Epreuve physique, expérience intérieure, comme disait Bataille. Plus que des images, des visions : son [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les premiers films de Waël Noureddine ne laissaient aucun doute. Pour lui, le cinéma ne se résume pas à une collecte d’images. Il a plutôt pour mission d’arracher, de saisir, de transmettre l’expérience la plus brûlante, la plus vaste possible. Epreuve physique, expérience intérieure, comme disait Bataille. Plus que des images, des visions : son rapport au cinéma est mystique. Et ce sont en effet des possibles religions et des croyances archaïques, le titre en pointe l’au-delà, que ce dernier film entend revivifier. Quittant le Liban des précédents tournages pour le Yémen, il s’agit, nous prévient-on, de revenir aux sources polythéistes d’avant l’instauration de l’Islam. Aux anciennes divinités arabes célébrées il y a bien longtemps, le film apporte son sacrifice généreux, ininterrompu, de plans, de coupes, de surexpositions, de visages, de vues désertiques. Le très ancien est toujours là, par à-coups, il suffit d’en guetter les épiphanies, de les assembler, pour les mêler avec les dieux d’aujourd’hui : Jim Morrison, le Che, JLG, etc., litanie contemporaine déroulée en off par la voix de F.J. Ossang. Projet rimbaldien, on l’aura compris, d’une laïcité gagnée par-delà le déni de foi, soif jamais étanchée d’émerveillement séculaire.</p>
<p>Jean-Pierre Rehm</p>
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		<title>Autohystoria</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/2007-autohystoria/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[benoit]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2008 23:48:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Dans son précédent et premier long-métrage, étonnant Short Story about Indio Nacional (montré au FID l’an dernier), le si jeune Philippin Raya Martin avait su d’emblée signaler sa forte personnalité. Deux traits, très vite dit, la caractérisaient. Une écriture lyrique d’abord, faite de lents plans séquences, un penchant marqué pour le cinéma des origines avec [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son précédent et premier long-métrage, étonnant Short Story about Indio Nacional (montré au FID l’an dernier), le si jeune Philippin Raya Martin avait su d’emblée signaler sa forte personnalité. Deux traits, très vite dit, la caractérisaient. Une écriture lyrique d’abord, faite de lents plans séquences, un penchant marqué pour le cinéma des origines avec sa fausse candeur formelle, la simplicité austère de ses cadres et une propension onirique. L’ambition ensuite, confondante pour un artiste de son âge, de prendre en charge rien moins que l’épopée de son pays. On ne manquera pas de retrouver ici la même manière, radicalisée encore davantage. Dans cette fiction, le scénario est squelettique : quelqu’un marche, puis se souvient à l’issue de son infiniment longue déambulation de personnages que l’on voit soudain apparaître : deux jeunes garçons arrêtés par la police, puis emmenés à traverser la jungle, lieu de leur exécution sommaire. Mais à l’image, tout cela reste brumeux – c’est l’espace du souvenir, de la reconstitution aujourd’hui, qui empêche que des actions ou des figures s’incarnent en dehors de la nuit de leurs frayeurs. Remonter le temps, et faire coïncider le contemporain avec l’ensevelissement de l’histoire, c’est peut-être ce qu’indique le paradoxe du titre. Il ne renvoie en aucune façon à une autobiographie intime, mais, bien plus ample, et risqué, au devoir de réécrire, et de porter, l’histoire dont il est le fruit.</p>
<p>Jean-Pierre Rehm</p>
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		<title>Adieu la rue des radiateurs</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/2008-adieu-la-rue-des-radiateurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[benoit]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2008 23:48:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Nina était moscovite. Elle a disparu il y a peu. Nina avait des amis. Parmi eux, des français, de longue date, Pierre et Vladimir Léon, l’écrivain Mathieu Riboulet. Les cinéastes ont filmé à Moscou, à Paris, des instants de leurs rencontres, à table, à blaguer, à fabriquer du souvenir. Riboulet, la mort survenue, a composé [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nina était moscovite. Elle a disparu il y a peu. Nina avait des amis. Parmi eux, des français, de longue date, Pierre et Vladimir Léon, l’écrivain Mathieu Riboulet. Les cinéastes ont filmé à Moscou, à Paris, des instants de leurs rencontres, à table, à blaguer, à fabriquer du souvenir. Riboulet, la mort survenue, a composé en prose ce qui s’appelait autrefois un tombeau, Le Regard de la Source. Aujourd’hui, c’est ce texte, lu par son auteur, que Vladimir Léon a filmé. En gros plan, l’exercice de la lecture : le visage de l’écrivain, l’atelier de la voix qui suit la lettre. À cet enregistrement scrupuleux se mélangent des plans anciens, home movies de la rue des radiateurs du temps où Nina y rayonnait.<br />
Vladimir Léon nous a habitués à sa manière de raconter l’Histoire, celle du communisme notamment. Nissim dit Max et Le Brahmane du Komintern (sélection FID 2003 et 2006) tissaient l’histoire collective à partir des dérives biographiques de destinées solitaires. Pour lui, l’histoire collective entame son incarnation au singulier. Singularité accrue cette fois, dans l’enclos de l’amitié, même si l’on comprend bien que Nina était un des noms pour dire Moscou.</p>
<p>Jean-Pierre Rehm</p>
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		<item>
		<title>Cosmonaut Polyakov</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/2007-cosmonaut-polyakov/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[benoit]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2008 23:48:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[Après Story (FID 2003), portrait splendide et halluciné du cosmonautepoète américain Story Musgrave, Dana Ranga ajoute un autre volet à sa propre conquête spatiale. C’est au tour d’un Russe, cette fois, de confier à la caméra les secrets de l’aventure extraterrestre. La nationalité n’y change rien cependant, la simplicité du dispositif du film précédent est [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après Story (FID 2003), portrait splendide et halluciné du cosmonautepoète américain Story Musgrave, Dana Ranga ajoute un autre volet à sa propre conquête spatiale. C’est au tour d’un Russe, cette fois, de confier à la caméra les secrets de l’aventure extraterrestre. La nationalité n’y change rien cependant, la simplicité du dispositif du film précédent est maintenue. Le camarade Poliakov, assis ou debout, toujours immobile, est retenu dans un espace restreint. Guère plus grand, c’est l’idée, que celui des cabines à bord desquelles il a tourné autour de la planète. Et donc, le verbe laissé lui en liberté, Poliakov nous raconte : les entraînements avant le départ, l’attente douloureuse avant de savoir si l’on est élu pour le long voyage, son rôle de médecin cardiologue dans l’équipe, et, enfin les expériences, les sensations, les croyances, de cette petite communauté en plein ciel. Unique licence à cette austère mise à la question, son épouse apparaît quelquefois à ses côtés, comme le rappel d’une attache que ces lents mois passés dans cette prison céleste n’ont pas entamé. Comme le rappel aussi, incarné en un corps de femme, de feue cette Union Soviétique pour laquelle la nuit de l’espace était alors surtout l’enjeu d’un conflit d’idéaux</p>
<p>Jean-Pierre Rehm</p>
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