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	<title>Albert Serra en libertés &#8211; FIDMarseille</title>
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	<description>Festival international de Cinéma Marseille</description>
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	<title>Albert Serra en libertés &#8211; FIDMarseille</title>
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		<title>SINGULARITY</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/singularity/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Luc Douzon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jun 2022 16:15:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Où l’on se retrouve en Irlande – une Irlande qui parle catalan avec l’accent de Fassbinder – des années 30 à aujourd’hui, à suivre dans plusieurs directions parallèles un feuilleton tentaculaire sur deux mines d’or concurrentes, l’exploitation des artistes par le Capital, et l’ouverture concomitante d’un bordel où les femmes n’aimaient pas les hommes. Parce [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Où l’on se retrouve en Irlande – une Irlande qui parle catalan avec l’accent de Fassbinder – des années 30 à aujourd’hui, à suivre dans plusieurs directions parallèles un feuilleton tentaculaire sur deux mines d’or concurrentes, l’exploitation des artistes par le Capital, et l’ouverture concomitante d’un bordel où les femmes n’aimaient pas les hommes. Parce qu’il ne fait rien comme tout le monde, le film  le plus narratif et dialogué d’Albert Serra n’est pas fait au départ pour le cinéma : produit pour la Biennale d’art contemporain de Venise, il était montré sous la forme d’une installation, projetant ses chapitres en simultané sur plusieurs écrans. <em>Singularity</em> aurait pu s’appeler « Velvet Goldmine », tant il chante la rencontre des lupanars et des tunnels, de l’étalon-or et du corps désirant (tous deux présentés comme des abstractions). Il nous propose, de toute sa longueur monumentale et détendue, à la fois une intense débauche esthétique et une réflexion détaillée sur l’économie (la libidinale, avant tout). Portée par tous les acteurs fidèles de Serra, saturée d’homosexualité purement théorique et de conversations- fleuves, son intrigue de sitcom historique abat progressivement ses cartes jusqu’à se dissoudre sur le fond de l’avenir incertain de l’humanité. (L.C.)</p>
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		<title>ELS NOMS DE CRIST</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/els-noms-de-cristthe-name-of-christ/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Luc Douzon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jun 2022 16:09:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Où l’on apprend que la production d’un film est un véritable chemin de croix. La seule « série » de Serra à ce jour, en quatorze courts épisodes – un pour chaque station du martyre christique – est née d’une commande du MACBA de Barcelone pour une exposition sur les rapports entre l’art et la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Où l’on apprend que la production d’un film est un véritable chemin de croix. La seule « série » de Serra à ce jour, en quatorze courts épisodes – un pour chaque station du martyre christique – est née d’une commande du MACBA de Barcelone pour une exposition sur les rapports entre l’art et la télévision. Tourné dans le musée transformé en studio, « adapté » du dialogue homonyme de Fray Luis de León (1586) écrit aux temps de l’Inquisition, et débordant d’œuvres d’art, d’extraits de films (de l’âge d’or hollywoodien tardif : Raoul Walsh, King Vidor, Cecil B. DeMille), de théologie (canonique ou blasphématoire), de satire post-moderne et de recherche poétique, <em>Les noms du Christ</em> racontent les mésaventures d’un producteur tentant de financer un film d’Albert Serra, et les mésaventures de sa propre forme tentant de tout embrasser – concepts, images, langages, aventures – jusqu’au complot, jusqu’au délire. Du vrai Baroque télévisuel, mystique et sacrilège, proliférant, explorant un versant plus secret mais omniprésent de l’œuvre de Serra : l’humour, ou plutôt l’ironie. (L.C.)</p>
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		<title>EL SENYOR HA FET EN MI MERAVELLES</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/le-seigneur-a-fait-pour-moi-des-merveilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Luc Douzon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jun 2022 15:25:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Albert Serra Où l’on suit, incrédules, le making-of du tournage d’un film qui n’existe pas, en compagnie du cinéaste et de son équipe, sillonnant La Mancha sur les lieux réels du Don Quichotte de Cervantès. Prolongation et métafiction d’Honor de cavallería, dont on retrouve le duo d’acteurs, arpentant cette fois chambres d’hôtels et bords de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: transparent;">Albert Serra</span><br />
Où l’on suit, incrédules, le <em>making-of</em> du tournage d’un film qui n’existe pas, en compagnie du cinéaste et de son équipe, sillonnant La Mancha sur les lieux réels du <em>Don Quichotte</em> de Cervantès. Prolongation et métafiction d’Honor de cavallería, dont on retrouve le duo d’acteurs, arpentant cette fois chambres d’hôtels et bords de route, il s’agit au départ d’une lettre filmée adressée au cinéaste argentin Lisandro Alonso, commandée par le CCCB de Barcelone pour une exposition invitant des auteurs à entrer en « Correspondances ». Road-movie à l’arrêt, faux film sur le cinéma, ou peut-être-remake par la bande du <em>Prenez garde à la sainte putain</em> de Rainer Werner Fassbinder (1971), ce <em>Seigneur</em> est surtout le portrait d’un de ses acteurs-personnages, Toti (alias Jordi Pau), excentrique figure de l’âge d’or <em>hippie</em> d’Ibiza, qui porte le film de ses traits de génie et de ses humeurs infernales. Construit en plans-séquences improbablement beaux, travaillés par un hors champ complètement radicalisé, cet objet étrange pourrait s’avérer être un des meilleurs films d’Albert Serra, l’un des plus plaisants et des plus mystérieux. Il se place, comme toute son œuvre, mais avec une grande frontalité, à l’intersection exacte de l’anecdotique et du mythique, de l’ennui et de la surexcitation, et nous raconte en douce la véritable histoire de l’Espagne entre deux siestes au bord du gouffre. (L.C.)</p>
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		<title>ROI SOLEIL</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/roi-soleil-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Luc Douzon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jun 2022 15:08:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Albert Serra Où l’on assiste, une nouvelle fois, après un chef-d’œuvre, La Mort de Louis XIV (2015), avec Jean-Pierre Léaud, à l’agonie du célèbre Roi, cette fois sous la forme déclarée d’un spectacle qui parle de lui- même : de l’art, de sa fin, de ses fins dernières. Film-performance, encore un peu plus littéralement que [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: transparent;">Albert Serra</span><br />
Où l’on assiste, une nouvelle fois, après un chef-d’œuvre, La Mort de Louis XIV (2015), avec Jean-Pierre Léaud, à l’agonie du célèbre Roi, cette fois sous la forme déclarée d’un spectacle qui parle de lui- même : de l’art, de sa fin, de ses fins dernières. Film-performance, encore un peu plus littéralement que les autres films : puisqu’il filme l’agonie de Louis XIV (Lluís Serrat, son acteur-fétiche), en costume d’époque ou de scène, dans le white cube rouge sang d’une galerie d’art où pourrait à tout moment débarquer, en guise de  cour, loin de Versailles, un public de visiteurs d’aujourd’hui. Toujours plus iconoclaste, mais toujours plus plasticien, Serra nous fait vivre l’épreuve, rend le coup de grâce sensible, physique – tout en ne parlant que d’image. Vider encore une fois la figure, pour ruiner le  « figuratif », faire tenir tout un film en une simple formule, mais sans abandonner la forme, ni négliger la matière, en gardant toutes leurs séductions et leurs terreurs : c’est le cinéma post-conceptuel d’Albert Serra, dont <em>Roi Soleil</em> est le prototype en forme de monochrome. Une « pièce », comme on appelle ce que produisent les artistes, faite de quatre murs et d’un corps, au centre, qui joue à convoquer le pire, symboliquement, et à notre attention : le cinéma comme non-assistance à figure en danger. (L.C.)   </p>
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		<title>LIBERTÉ</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/liberte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Luc Douzon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jun 2022 15:04:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Albert Serra Où une forêt, la nuit, quelque part en Europe, dans un XVIIIe siècle de fin des temps, est le théâtre de rencontres sexuelles expérimentales entre libertins d’une noblesse anonyme. Dans la clairière, les costumes d’époque servent à découvrir les corps, malmenés, déchaînés, débandés, pris dans la série des protocoles d’un plaisir permanent et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: transparent;">Albert Serra</span><br />
Où une forêt, la nuit, quelque part en Europe, dans un XVIIIe siècle de fin des temps, est le théâtre de rencontres sexuelles expérimentales entre libertins d’une noblesse anonyme. Dans la clairière, les costumes d’époque servent à découvrir les corps, malmenés, déchaînés, débandés, pris dans la série des protocoles d’un plaisir permanent et impossible. Entre terrain vague de cruising et pur décor de cinéma, la forêt réelle qui leur sert de cadre est filmée comme artificielle, parce que tout est « contre- nature ». Or les partouzes de <em>Liberté</em> forment avant tout un chant du cygne, qui est doublement historique : dans le XVIIIe siècle où il se déroule, il met en scène, avec une passion froide, une certaine « décadence » pré-révolutionnaire ; dans le XXIe siècle où il se fabrique, il semble annoncer quelque chose comme la mort de la sexualité, ou la fin de l’hétérosexualité – mais en la poussant à son comble, en la démontrant par l’absurde. Or <em>Liberté</em> devient fascinant dès lors qu’il nous fait bien comprendre que son sujet n’est pas le sexe, cette chose qu’au fond il ne fait pas, mais le pouvoir, qui l’intéresse et qu’il décrit avec la plus folle précision, en même temps qu’il l’exerce, sans fard, sur ses figures et ses spectateurs. C’est là qu’il est trash, qu’il est beau. Le film le plus politique de son auteur, qui n’a jamais parlé d’autre chose. (L.C.)</p>
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		<title>PACIFICTION &#8211; TOURMENT SUR LES ÎLES</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/pacifiction-tourment-sur-les-i%cc%82les/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Luc Douzon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jun 2022 14:40:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Albert Serra Où le haut-commissaire De Roller, représentant de l’État en Polynésie Française, tente de se frayer un chemin parmi les forces en présence, dans un Tahiti contemporain de politique-fiction furieuse. Où l’acteur Benoît Magimel, représentant du cinéma français, se réinvente un corps d’images en direct, sous nos yeux troublés. Où tous les deux, dans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: transparent;">Albert Serra</span><br />
Où le haut-commissaire De Roller, représentant de l’État en Polynésie Française, tente de se frayer un chemin parmi les forces en présence, dans un Tahiti contemporain de politique-fiction furieuse. Où l’acteur Benoît Magimel, représentant du cinéma français, se réinvente un corps d’images en direct, sous nos yeux troublés. Où tous les deux, dans leur costume de colon blanc cassé, cherchent de toutes leurs forces à garder forme humaine sous la pression de ce qui se délite (le monde, le film, à l’unisson, autour d’eux). Dernier film de Serra en date, <em>Pacifiction</em> fait sensation : pur fantasme de cinéma qui plane pour mieux se fracasser sur les îles du réel actuel, film de science-fiction historique, ou documentaire de sa propre fiction, il reprend et récapitule les motifs précédents du cinéaste tout en les emmenant voir ailleurs, se traçant un nouvel avenir. On y assiste même à la naissance de l’amour dans le cinéma d’Albert Serra – si fort d’avoir été le dernier des cruels, qu’il semble à présent pouvoir laisser arriver tout le reste, tout accueillir, y compris ce qui leur échappe, dans les filets de sa grande mise en scène du pouvoir. Maîtrisant les formes libres, les secrets de l’art subversif, qui l’ont poussé à explorer tous les rapports entre le cinéma et la mort, il recommence à filmer la vie. (L.C.)</p>
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		<title>HONOR DE CAVALLERÍA</title>
		<link>https://archives.fidmarseille.org/film/honor-de-cavalleria/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Luc Douzon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jun 2022 15:31:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Albert Serra Où Don Quichotte et Sancho Pança, perdus dans la campagne, enfermés à l’extérieur ou dans les marges de l’illustre roman de Cervantès, se remémorent, souvent en silence, leurs aventures passées et à venir. Ce film d’amitié chevaleresque combine la lenteur des événements à l’agitation folle des plans et du montage, pour mieux séjourner [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: transparent;">Albert Serra</span><br />
Où Don Quichotte et Sancho Pança, perdus dans la campagne, enfermés à l’extérieur ou dans les marges de l’illustre roman de Cervantès, se remémorent, souvent en silence, leurs aventures passées et à venir. Ce film d’amitié chevaleresque combine la lenteur des événements à l’agitation folle des plans et du montage, pour mieux séjourner auprès de son couple d’acteurs, Lluís  Carbó (en parfait Quichotte) et Lluís Serrat (en fameux écuyer), tous deux rencontrés par Albert Serra dans son village natal de Banyoles, où ils étaient respectivement professeur de tennis et maçon, et qui seront ensuite de tous ses films. Tourné en quelques jours dans un numérique primitif repassé sur pellicule et devenu un classique instantané, <em>Honor de cavallería</em> est une micro-épopée granuleuse, absurdiste et mélancolique, qui défait ou « désécrit », plutôt qu’elle n’adapte, un chef-d’œuvre de la littérature mondiale. Texte prétexte à donner le coup d’envoi à un cinéma nouveau :  à la fois minimaliste et ambitieux, pauvre et prodigue, qui se dépenserait sans compter pour produire de petites touches de grandiose, et, sous ses airs flous de promenade en forêt, rivaliser avec la grande peinture de portrait, tenant le Siècle d’Or espagnol dans sa ligne de mire et de tir. (L.C.)   </p>
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